{"id":696,"date":"2009-07-29T11:01:59","date_gmt":"2009-07-29T10:01:59","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/?p=696"},"modified":"2010-12-23T06:17:21","modified_gmt":"2010-12-23T05:17:21","slug":"the-reader-part-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/retellings\/the-reader-part-2.html","title":{"rendered":"The reader (part 2)"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-701 alignnone\" title=\"the-reader-43799\" src=\"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-content\/the-reader-43799-300x200.jpg\" alt=\"the-reader-43799\" width=\"300\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-content\/uploads\/the-reader-43799-300x200.jpg 300w, https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-content\/uploads\/the-reader-43799.jpg 540w\" sizes=\"(max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><strong><\/strong><\/p>\n<p><strong>Une conversation sur ce film avec Rob et Alison Hall m&#8217;a permis de constater le point auquel je suis prisonnier d&#8217;un ensemble de sch\u00e9mas mentaux et culturels concernant la masculinit\u00e9.<\/strong><\/p>\n<p>Ceci m&#8217;apporte trois r\u00e9flexions qui font une passerelle entre ma propre histoire et celle racont\u00e9e par le film (mon histoire de th\u00e9rapeute \/ coach, j&#8217;entends, car sinon \u00e7a nous emm\u00e8nerait vraiment tr\u00e8s loin !)<\/p>\n<p><strong>L<\/strong><strong>e poser de cam\u00e9ra : <\/strong>traduire la position du narrateur dans le futur ne peut se faire au cin\u00e9ma que par une alternance de flashbacks et de retours au pr\u00e9sent (pos\u00e9 par convention comme le futur des flashbacks et le moment o\u00f9 s&#8217;ancre le d\u00e9but du film donc la convention pour le pr\u00e9sent pos\u00e9e entre le r\u00e9alisateur et le spectateur). Mais lorsqu&#8217;on est dans les flashbacks, on est oblig\u00e9 de d\u00e9rouler le pr\u00e9sent du flashback au fur et \u00e0 mesure. Dans le livre, c&#8217;est beaucoup plus int\u00e9ressant parce que le r\u00e9cit du pass\u00e9 est assum\u00e9 comme \u00e9tant racont\u00e9 par un narrateur qui \u00e9crit depuis le futur des \u00e9v\u00e9nements (son pr\u00e9sent \u00e0 lui) et qui relie les \u00e9v\u00e9nements qu&#8217;il raconte au paysage de son identit\u00e9 \u00e9clair\u00e9 et modifi\u00e9 par ces exp\u00e9riences, exp\u00e9riences dont il dit en m\u00eame temps qu&#8217;il les raconte comment elles ont \u00e9clair\u00e9 et modifi\u00e9 son identit\u00e9. L&#8217;un de mes plus anciens clients dirigeants d&#8217;entreprise, Philippe, me dit que mes posts deviennent de plus en plus abscons avec le temps. Ce paragraphe ne va pas am\u00e9liorer mon matricule.<!--more--><\/p>\n<p><strong>Le personnage de Kate Winslett. <\/strong>Le fait de raconter l&#8217;histoire d&#8217;amour en premier et le proc\u00e8s en second nous prend au pi\u00e8ge de notre propre subjectivit\u00e9 et de notre propre texte virtuel. On peut trouver le personnage et l&#8217;actrice dans le personnage extr\u00eamement s\u00e9duisantes et il est tr\u00e8s difficile de la voir ensuite sous les traits d&#8217;un monstre. Ce pi\u00e8ge de la narration nous propose une le\u00e7on et nous confronte avec les incoh\u00e9rences de notre propre repr\u00e9sentation. Nous sommes recrut\u00e9s dans la subjectivit\u00e9 du jeune homme amoureux et confront\u00e9s au m\u00eame grand \u00e9cart que lui entre l&#8217;engagement \u00e9thique et le r\u00e9cit intime. Si l&#8217;histoire \u00e9tait racont\u00e9e dans le bon sens, nous trouverions cette feme insupportable \u00e0 cause de ce qu&#8217;elle fait et la d\u00e9testerions tout au long du film. Mais rien n&#8217;est totalisant, ce d\u00e9bat est incarn\u00e9 par les \u00e9tudiants et leur professeur de droit qui dit : &#8220;si des gens comme vous ne peuvent pas apprendre de gens comme moi, rien ne vaut la peine&#8221;.<\/p>\n<p><strong>La violence, tellement \u00e9vidente qu&#8217;elle m&#8217;avait \u00e9chapp\u00e9.<\/strong> C&#8217;est Rob et Alison Hall qui me l&#8217;ont fait r\u00e9aliser : c&#8217;est l&#8217;histoire, ou en tout cas <em>aussi<\/em> l&#8217;histoire, d&#8217;un abus sexuel commis par un adulte sur un adolescent, et les r\u00e9sultats d\u00e9vastateurs de cet abus sur la vie de cet homme qui ne peut jamais r\u00e9ellement s&#8217;en extirper et reste soumis \u00e0 cette exp\u00e9rience que l&#8217;on peut voir, c&#8217;est selon, comme un magnifique amour de jeunese ou un viol. Et imaginons l&#8217;histoire inverse entre un homme de 40 ans et une jeune fille de 15 ans : notre perception en serait sans doute enti\u00e8rement diff\u00e9rente. Mais l\u00e0, nous sommes pris au pi\u00e8ge de notre repr\u00e9sentation culturelle de l&#8217;homme et de la femme et ne voyons pas l&#8217;abus sexuel \u00e9vident de ce fait.<\/p>\n<p><strong>C&#8217;est un homme qui ne parle pas, <\/strong>qui n&#8217;a jamais parl\u00e9, qui  ne commence \u00e0 produire un r\u00e9cit qu&#8217;\u00e0 la fin, lorsque taraud\u00e9 de culpabilit\u00e9, il comprend qu&#8217;il ne peut continuer \u00e0 vivre que s&#8217;il raconte \u00e0 sa fille et reprend ainsi sa place dans la cha\u00eene d&#8217;union avec le reste de l&#8217;humanit\u00e9. Et l&#8217;on r\u00e9alise \u00e0 quel point ce qui nous relie aux autres, ce qui nous rend humains, ce sont des histoires. Bonnes vacances \u00e0 tous et rendez-vous \u00e0 la rentr\u00e9e.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Une conversation sur ce film avec Rob et Alison Hall m&#8217;a permis de constater le point auquel je suis prisonnier d&#8217;un ensemble de sch\u00e9mas mentaux et culturels concernant la masculinit\u00e9. Ceci m&#8217;apporte trois r\u00e9flexions qui font une passerelle entre ma propre histoire et celle racont\u00e9e par le film (mon histoire de th\u00e9rapeute \/ coach, j&#8217;entends, &hellip; <a href=\"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/retellings\/the-reader-part-2.html\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de <span class=\"screen-reader-text\">The reader (part 2)<\/span><\/span>&nbsp;<span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[11],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/696"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=696"}],"version-history":[{"count":18,"href":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/696\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":1603,"href":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/696\/revisions\/1603"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=696"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=696"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=696"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}