{"id":6341,"date":"2017-06-18T20:11:54","date_gmt":"2017-06-18T18:11:54","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/?p=6341"},"modified":"2017-06-22T16:22:16","modified_gmt":"2017-06-22T14:22:16","slug":"pourquoi-nous-racontons-nous-des-histoires","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/auteurs-invites\/pourquoi-nous-racontons-nous-des-histoires.html","title":{"rendered":"Pourquoi nous racontons-nous des histoires"},"content":{"rendered":"<p><em><strong>Un article de\u00a0Odile BROUET, coach narrative et psycho-praticienne.<\/strong><\/em><\/p>\n<p>Odile nous livre ici ses r\u00e9actions personnelles suite \u00e0 la lecture, apr\u00e8s la Master Class 2016 de David Epston \u00e0 Bordeaux, de l\u2019ouvrage de Jerome Bruner, <em><strong>Pourquoi nous racontons-nous des histoires<\/strong>, Le r\u00e9cit au fondement de la culture et de l\u2019identit\u00e9<\/em>, Ed. Retz, <em>petit forum<\/em>, 2016, 112 pages.<br \/>\n<!--more--><br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/resistances\/pourquoi-nous-racontons-nous-des-histoires.html\/attachment\/pourquoi-nous-racontons-nous-des-histoires-jerome-bruner-ed-retz\" rel=\"attachment wp-att-6344\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignleft size-medium wp-image-6344\" src=\"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-content\/uploads\/pourquoi-nous-racontons-nous-des-histoires-jerome-bruner-ed-retz-229x300.jpeg\" alt=\"\" width=\"229\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-content\/uploads\/pourquoi-nous-racontons-nous-des-histoires-jerome-bruner-ed-retz-229x300.jpeg 229w, https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-content\/uploads\/pourquoi-nous-racontons-nous-des-histoires-jerome-bruner-ed-retz.jpeg 454w\" sizes=\"(max-width: 229px) 100vw, 229px\" \/><\/a><em><strong>D\u2019abord,<\/strong> <\/em>je parlerai de mon \u00e9motion \u00e0 la lecture des pages 92 \u00e0 94 qui \u00e9voquent la m\u00e9decine narrative et &#8220;l\u2019\u00e9thique narrative&#8221;.<\/p>\n<p>\u00c9motion car ce passage m\u2019a fait revivre le r\u00e9cit que David nous a fait \u00e0 Bordeaux en octobre : le sauvetage, in extremis, de Justin condamn\u00e9 par son asthme.<\/p>\n<p>Merci \u00e0 Jerome Bruner d\u2019avoir si finement, d\u00e8s 2002, su bousculer les approches m\u00e9dicales classiques et revendiquer la n\u00e9cessit\u00e9 du recours au r\u00e9cit.<\/p>\n<p>Merci \u00e0 Michael White qui a su s\u2019emparer de ces r\u00e9flexions de Jerome Bruner et les transformer en outils de soins pertinents et efficaces, comme l\u2019a montr\u00e9 David avec le cas de Justin.<\/p>\n<p>Lire ce texte une dizaine de jours apr\u00e8s l\u2019intervention de David \u00e0 Bordeaux m\u2019a \u00e9mue et en m\u00eame temps mise en col\u00e8re. O\u00f9 en sommes-nous maintenant ? Est-ce que la formation des jeunes m\u00e9decins prend un peu en compte maintenant cette n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019\u00e9couter les patients autrement ? Est-ce que les institutions m\u00e9dicales se sont organis\u00e9es pour collaborer chaque fois que n\u00e9cessaire avec des &#8220;narrapeutes&#8221; comp\u00e9tents ?<\/p>\n<p>Comment faire pour que quelque chose avance sur ces sujets en France sans mettre en branle toutes les querelles de clochers et questions de principes et de chapelles dont nous sommes si friands ? Comment faire pour \u00eatre enfin un peu pragmatique et instaurer des collaborations et coop\u00e9rations orient\u00e9es solutions et r\u00e9sultats, centr\u00e9es sur les patients \u00a0? O\u00f9 et comment agir ? Autant de questions que je voulais partager avec vous chers coll\u00e8gues narrapeutes.<\/p>\n<p><em><strong>Ensuite,<\/strong> <\/em>j\u2019ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s int\u00e9ress\u00e9e par le r\u00e9cit de l\u2019\u00e9volution de la loi s\u00e9gr\u00e9gation\/\u00e9galit\u00e9 que fait Jerome Bruner dans la partie V du chapitre 2, pages 48 \u00e0 53. Il y analyse l\u2019\u00e9volution du droit \u00e0 l\u2019\u00e9galit\u00e9 au sein de la s\u00e9gr\u00e9gation raciale (!) et donc du ph\u00e9nom\u00e8ne &#8220;s\u00e9par\u00e9s mais \u00e9gaux&#8221; et montre comment l\u2019\u00e9volution historique et sociale, dont le &#8220;retour vers l\u2019int\u00e9riorit\u00e9&#8221; qu\u2019avait op\u00e9r\u00e9 le r\u00e9cit litt\u00e9raire, ont suscit\u00e9 de nouveaux questionnements &#8220;subjectifs&#8221; :<br \/>\n<em>&#8220;Quelle impression \u00e9prouvait-on \u00e0 \u00eatre rel\u00e9gu\u00e9 dans un wagon s\u00e9par\u00e9, ou \u00e0 l\u2019arri\u00e8re des bus ? Quel impact cela avait-il sur l\u2019estime de soi ou, plus grave encore, sur l\u2019envie d\u2019\u00e9tudier, de grandir ? La question scolaire devait donc \u00eatre reformul\u00e9e : quel effet peut avoir la s\u00e9gr\u00e9gation sur la consid\u00e9ration que les enfants Noirs ont pour eux-m\u00eames, sur l\u2019opinion qu\u2019ils ont d\u2019eux m\u00eames, sur leur envie d\u2019apprendre ? <strong>Le paysage de la conscience s\u2019imposait au r\u00e9cit de l\u2019\u00e9gale protection<\/strong>.&#8221;<\/em><\/p>\n<p>Je savais que Michael White avait emprunt\u00e9 la notion de &#8220;paysage de la conscience&#8221; \u00e0 Jerome Bruner mais revenir au texte d\u2019origine me semble essentiel. Cela me permet de mieux comprendre pourquoi le passage du paysage de l\u2019action au paysage de la conscience\/intention peut \u00eatre si d\u00e9terminant dans la dissolution du probl\u00e8me de certains patients. En lisant ce passage de Jerome Bruner, que je trouve extr\u00eamement fort, je prends la mesure de l\u2019importance de ce retour \u00e0 la subjectivit\u00e9 qui permet de formuler les questions non plus d\u2019un point de vue juridique ou de narration externe, mais du point de vue de l\u2019impression des acteurs, des effets produits par l\u2019\u00e9tat de fait juridique et social.<\/p>\n<p>Ce formidable retournement de la question tel que formul\u00e9 par Jerome Bruner m\u2019autorise ainsi \u00e0 oser ces questionnements souvent d\u00e9stabilisants pour le patient et m\u2019incite \u00e0 ne pas l\u00e2cher ce travail sur les &#8220;impressions&#8221; dont les effets semblent parfois miraculeux.<\/p>\n<p>Cela me permet aussi de recaler mes questionnements quand nous arrivons \u00e0 des moments de r\u00e9cits o\u00f9 le patient tourne en rond dans des descriptions convenues. Si le &#8220;narrapeute&#8221; ne d\u00e9cortique pas la situation au niveau des impressions\/du subjectif et pour finir des valeurs, alors le travail peut rester au stade du culturel et du social qui a d\u00e9termin\u00e9 la construction de l\u2019identit\u00e9 du patient, et qui &#8220;aveugle&#8221; en partie le &#8220;narrapeute&#8221; et son patient.<\/p>\n<p><em><strong>Enfin,<\/strong> <\/em>c\u2019est bien ce poids du culturel et du social qui me semble extr\u00eamement int\u00e9ressant \u00e0 garder en t\u00eate lorsque nous pr\u00e9parons nos s\u00e9ances et c\u2019est repris et d\u00e9velopp\u00e9 par Jerome Bruner dans la partie I du chapitre 3, en particulier aux pages 59 \u00e0 61. Jerome Bruner rappelle que le r\u00e9cit de soi &#8220;proc\u00e8de \u00e0 la fois de l\u2019int\u00e9rieur et de l\u2019ext\u00e9rieur&#8221; et que ces r\u00e9cits sont &#8220;(\u2026) guid\u00e9s par des mod\u00e8les culturels qui rel\u00e8vent du non-dit, de l\u2019implicite (\u2026)&#8221; et que notre unicit\u00e9 vient de notre capacit\u00e9 \u00e0 nous distinguer des autres.<br \/>\n<em>&#8220;C\u2019est pourquoi il n\u2019est pas simple de se raconter aux autres. Cela d\u00e9pend en effet de ce que <span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>nous<\/strong><\/span> pensons qu\u2019<span style=\"text-decoration: underline;\"><strong>ils<\/strong><\/span> pensent que nous sommes.&#8221;<\/em><\/p>\n<p>Il y aurait donc des influences en boucle du culturel et du social qui impr\u00e9gneraient nos personnalit\u00e9s si bien que <em>&#8220;Une sorte de spirale ferait que nous cr\u00e9erions des outils au service de nos pr\u00e9f\u00e9rences culturelles, que nous deviendrions esclaves de ces outils, au point de d\u00e9velopper des personnalit\u00e9s qui leur seraient adapt\u00e9es.&#8221;<\/em><\/p>\n<p>Quelle meilleure recommandation de vigilance pour nous th\u00e9rapeutes que la prise de conscience de cette spirale, active au sein des r\u00e9cits de nos patients mais aussi au sein de la r\u00e9ception que nous en faisons et des questionnements que nous en tirons !<br \/>\nQuel meilleur adage pourrions-nous garder en t\u00eate que la conclusion de cette partie I du chapitre 3 : <em>&#8220;Finalement, la forme que rev\u00eat notre personnalit\u00e9 n\u2019est pas chose aussi intime que nous pouvions le penser.&#8221;<\/em><\/p>\n<p>Cette r\u00e9flexion me semble tout \u00e0 fait pertinente et m\u2019incite \u00e0 mieux chercher ce qui dans les r\u00e9cits pourrait tenir \u00e0 un conformisme dig\u00e9r\u00e9 ou \u00e0 un anti conformisme, syst\u00e9matique ou pas, l\u2019un comme l\u2019autre masquant des zones de libert\u00e9 de r\u00e9flexion et d\u2019actions qui pourraient \u00eatre utiles et efficaces au sujet pour se r\u00e9approprier son histoire.<\/p>\n<p>Bien d\u2019autres passages de ce petit livre m\u00e9riteraient d\u2019\u00eatre comment\u00e9s mais je vais plut\u00f4t vous proposer une<\/p>\n<p><strong>PRESENTATION SUCCINCTE ET \u00ab <span style=\"text-decoration: underline;\">ORIENT\u00c9E<\/span> \u00bb DE L\u2019OUVRAGE DE JEROME BRUNER :<\/strong><\/p>\n<p>Cette pr\u00e9sentation est &#8220;orient\u00e9e&#8221; Pratiques Narratives, ce n\u2019est pas une recension acad\u00e9mique. L\u2019id\u00e9e est de vous donner envie d\u2019aller \u00e0 votre tour voir ce que ce texte vous dit.<\/p>\n<p>J\u2019ai donc relev\u00e9 quelques citations qui me semblent parlantes et stimulantes \u00e0 toutes oreilles narratives.<\/p>\n<p>Ce texte court mais dense et riche, est issu d\u2019une s\u00e9rie de conf\u00e9rences que Jerome Bruner a prononc\u00e9es \u00e0 l\u2019universit\u00e9 de Bologne (Italie) en 2000.<br \/>\nIl comporte 4 chapitres :<\/p>\n<ol>\n<li>Pourquoi nous racontons-nous des histoires ?<\/li>\n<li>R\u00e9cit de justice et r\u00e9cit litt\u00e9raire<\/li>\n<li>Les r\u00e9cits autobiographiques<\/li>\n<li>Finalement, pourquoi des r\u00e9cits ?<\/li>\n<\/ol>\n<p>Dans le premier chapitre, Jerome Bruner constate l\u2019importance des histoires pour les humains et livre quelques explications sur leur fonctionnement et ses effets. Il remarque ainsi qu\u2019une <em>&#8220;histoire commence lorsqu\u2019appara\u00eet une sorte de br\u00e8che dans l\u2019ordre des choses auquel nous nous attendons (\u2026) l\u2019action pr\u00e9sent\u00e9e par une histoire se r\u00e9sume aux efforts consentis par les personnages pour faire avec ou pour accepter cette br\u00e8che et ses cons\u00e9quences. Finalement, on parvient \u00e0 une issue, \u00e0 une sorte de r\u00e9solution du probl\u00e8me&#8221;<\/em> et plus loin <em>&#8220;(\u2026) toute histoire est toujours racont\u00e9e \u00e0 parti d\u2019une perspective particuli\u00e8re. (\u2026) D\u00e9voiler une perspective, c\u2019est en d\u00e9couvrir d\u2019autres.&#8221;<\/em><\/p>\n<p>Dans l\u2019\u00e9tonnante lecture de la justice comme terrain privil\u00e9gi\u00e9 du r\u00e9cit que fait Jerome Bruner, il \u00e9crit <em>&#8220;Un juge d\u2019appel peut proposer une nouvelle histoire pour fonder sa d\u00e9cision, surtout si celle-ci annule la d\u00e9cision prise par le premier tribunal&#8221;<\/em>. Quand au r\u00e9cit litt\u00e9raire, il rappelle qu\u2019il <em>&#8220;\u2018subjonctivise\u2019 la r\u00e9alit\u00e9 : il accorde une place \u00e0 ce qui est, mais aussi \u00e0 ce qui pourrait ou aurait pu \u00eatre&#8221;<\/em>.<\/p>\n<p>Il s\u2019int\u00e9resse dans le chapitre 3 aux r\u00e9cits autobiographiques, r\u00e9cits et histoires de vie qui aident \u00e0 construire un Moi <em>&#8220;(\u2026) que nous ne cessons de construire et reconstruire (\u2026) pour faire face aux situations que se pr\u00e9sentent \u00e0 nous (\u2026)&#8221;<\/em>.<br \/>\n<em>&#8220;Se raconter, c\u2019est en quelque sorte b\u00e2tir une histoire qui dirait qui nous sommes, ce que nous sommes, ce qui s\u2019est pass\u00e9, et pourquoi nous faisons ce que nous faisons.&#8221;<\/em><\/p>\n<p>Quant au chapitre 4 qui \u00e9voque &#8220;l\u2019\u00e9thique narrative&#8221;, Jerome Bruner y d\u00e9finit la m\u00e9decine narrative, via une citation frappante du Dr Rita Charon : <em>&#8220;Votre r\u00f4le est d\u2019\u00e9couter ce que le patient a \u00e0 dire, et d\u2019imaginer, \u00e0 partir de l\u00e0, ce que vous pouvez faire. Apr\u00e8s tout, cette vie, c\u2019est la v\u00f4tre ou la sienne ?&#8221;<\/em><\/p>\n<p>J\u2019esp\u00e8re vous avoir convaincu-e-s qu\u2019il faut lire ce livre.<\/p>\n<p>Et parce que mon histoire et mon exp\u00e9rience s\u2019enracinent dans la litt\u00e9rature et les r\u00e9cits de vie divers et vari\u00e9s, je voudrais recommander ici, au risque d\u2019enfoncer des portes ouvertes, quelques ouvrages sur le sujet que je trouve particuli\u00e8rement int\u00e9ressants. Je ne vais pas tous les citer car la liste est quasi in\u00e9puisable mais en mentionner trois :<\/p>\n<ul>\n<li>Un basique, facile \u00e0 lire et efficace pour vivifier notre attache aux Pratiques Narratives : <em>L\u2019esp\u00e8ce fabulatrice<\/em> de <strong>Nancy Huston<\/strong>, Actes Sud 2008, disponible dans leur collection de poche &#8220;Babel&#8221; depuis 2010.<\/li>\n<li>Deux ouvrages plus savants sur le r\u00e9cit de vie et l\u2019autobiographie de <strong>Christophe Niewiadomski<\/strong>. Ces deux ouvrages offrent une riche r\u00e9flexion et une tentative de synth\u00e8se sur la biographie, les r\u00e9cits et les histoires de vie et leurs utilisations dans diff\u00e9rents champs disciplinaires : sociologie, th\u00e9rapies, formation&#8230;<br \/>\nUn livre collectif dont il a codirig\u00e9 la r\u00e9daction avec Guy de Villers :<br \/>\n&#8211; <strong>Souci et soin de soi. Liens et fronti\u00e8res entre histoire de vie, psychoth\u00e9rapie et psychanalyse<\/strong>, L\u2019Harmattan, 2002<br \/>\nUn livre personnel, qui est la version publique de ses travaux d\u2019habilitation en vue de diriger des recherches, travaux pr\u00e9sent\u00e9s et soutenus en D\u00e9cembre 2010 :<br \/>\n&#8211; <strong>Recherche biographique et clinique narrative, entendre et \u00e9couter le Sujet contemporain<\/strong>, \u00c9r\u00e8s, collection sociologie clinique, 2012, 278 pages.<\/li>\n<\/ul>\n<p>Ces deux derniers ouvrages seront utiles \u00e0 toutes celles et tous ceux qui, comme moi, aiment interroger leur pratique.<\/p>\n<p>Bonnes lectures \u00e0 toutes et tous !<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Un article de\u00a0Odile BROUET, coach narrative et psycho-praticienne. Odile nous livre ici ses r\u00e9actions personnelles suite \u00e0 la lecture, apr\u00e8s la Master Class 2016 de David Epston \u00e0 Bordeaux, de l\u2019ouvrage de Jerome Bruner, Pourquoi nous racontons-nous des histoires, Le r\u00e9cit au fondement de la culture et de l\u2019identit\u00e9, Ed. 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