{"id":538,"date":"2009-07-07T20:01:35","date_gmt":"2009-07-07T19:01:35","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/?p=538"},"modified":"2017-07-14T16:02:04","modified_gmt":"2017-07-14T14:02:04","slug":"la-violence-des-hommes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/resistances\/la-violence-des-hommes.html","title":{"rendered":"La violence des hommes"},"content":{"rendered":"<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"size-medium wp-image-539 alignleft\" title=\"p1000510\" src=\"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-content\/uploads\/p1000510-300x276.jpg\" alt=\"p1000510\" width=\"248\" height=\"227\" \/><strong><\/strong><\/p>\n<p><strong>Travailler sur la violence des hommes envers les femmes et les enfants, c&#8217;est se placer au coeur de la violence exerc\u00e9e depuis le fond des \u00e2ges au sein de toutes les communaut\u00e9s humaines.<\/strong><\/p>\n<p>C&#8217;est poser la question de la fa\u00e7on dont les &#8220;histoires dangereuses&#8221;, production culturelle, sociale et identitaire, se d\u00e9brouillent pour recruter de nouveaux complices dans les rangs des jeunes gar\u00e7ons et c&#8217;est donner \u00e0 ces jeunes gar\u00e7ons les moyens de s&#8217;en lib\u00e9rer. Ces questions sur la violence ont \u00e9t\u00e9 l&#8217;un des th\u00e8mes de r\u00e9flexion majeurs de Michael White \u00e0 la fin de sa vie, un th\u00e8me qu&#8217;il a amplement partag\u00e9 et d\u00e9velopp\u00e9 avec les trois intervenants de l&#8217;atelier (dans l&#8217;ordre sur la photo : Shona Russell que nous connaissons bien en France, Maggie Carey et Rob Hall) qui ont \u00e9t\u00e9 de tr\u00e8s proches amis et collaborateurs de longue date.<\/p>\n<p><!--more--><\/p>\n<p><strong>La violence est socialement et culturellement construite, au m\u00eame titre que l&#8217;identit\u00e9. <\/strong>Les hommes n&#8217;en sont pas les auteurs, mais les &#8220;soldats&#8221; recrut\u00e9s et complices de ses agissements. Cette id\u00e9e permet au th\u00e9rapeute, dans le travail avec les hommes violents, de d\u00e9construire au pr\u00e9alable la tentation d&#8217;un jugement moral, ou la tentative de confronter l&#8217;homme violent &#8220;\u00e0 tout le mal qu&#8217;il a fait&#8221; dans l&#8217;espoir qu&#8217;il s&#8217;en repentisse. La difficult\u00e9, longuement d\u00e9battue, est que pour autant, l&#8217;homme violent n&#8217;abdique jamais la responsabilit\u00e9 pleine et enti\u00e8re de ses actes, une responsabilit\u00e9 dont il ne peut prendre r\u00e9ellement conscience qu&#8217;au regard de ses propres valeurs, espoirs et principes que ses actes ont pi\u00e9tin\u00e9s. Mais pour cela, il y a du chemin \u00e0 faire.<strong><\/strong><\/p>\n<p><strong>&#8220;Faire face&#8221; <em>(face up<\/em>), tel est le nom du programme \u00e9labor\u00e9 par Rob Hall et Alan Jenkins pour accompagner les hommes violents.<\/strong> Le point d&#8217;entr\u00e9e est la situation initiale de l&#8217;entretien th\u00e9rapeutique lui-m\u00eame autour de questions telles que : &#8220;pourquoi parlons nous de ce sujet ?&#8221;, &#8220;Qu&#8217;est-ce qui est important pour vous dans le fait de parler de ce que vous avez fait ?&#8221;, &#8220;comment le fait de commencer \u00e0 faire face \u00e0 ce que vous avez fait peut contribuer \u00e0 faire de vous la personne que vous voulez \u00eatre ?&#8221;, &#8220;qu&#8217;est-ce que le fait d&#8217;accepter de faire face refl\u00e8te de ce qui a de la valeur dans votre conception de la vie ?&#8221;, etc. Ceci a pour but de d\u00e9velopper une  histoire alternative, qui permettra de mettre les actes violents en perspective et de les r\u00e9interpr\u00e9ter hors du territoire occup\u00e9 par la violence dans la vie de la personne.<\/p>\n<p><strong>Le voyage (<em>&#8220;personal journey&#8221;<\/em>) est long jusqu&#8217;\u00e0 l&#8217;\u00e9laboration par le client d&#8217;initiatives de r\u00e9paration<\/strong> (<em>&#8220;restitution practices&#8221;)<\/em> vis \u00e0 vis de ses victimes, qui ne soient pas des manipulations \u00e9go\u00efstes pour redevenir conforme \/ acceptable ou reprendre le pouvoir, mais un r\u00e9el mouvement de g\u00e9n\u00e9rosit\u00e9 fond\u00e9 sur la capacit\u00e9 nouvelle \u00e0 se mettre \u00e0 la place de l&#8217;autre. Je ne d\u00e9taille pas ici les diff\u00e9rentes \u00e9tapes de ce voyage pour ne pas d\u00e9florer l&#8217;atelier de Rob \u00e0 Paris. Son associ\u00e9 Alan Jenkins vient de publier  un livre tr\u00e8s complet et tr\u00e8s Deleuzien : &#8220;Becoming ethical, a parallel, political journey with men who have abused&#8221; (RHP), voir <a href=\"http:\/\/www.russellhouse.co.uk\/index.cgi?state=pre_display_stockcode&amp;session=1225671794XXXbNsrqI3Xo2U&amp;stockcode=978-1-905541-40-9\" target=\"_blank\">ici<\/a>.<\/p>\n<p><strong>Reste une question. Comment faire en sorte qu&#8217;externaliser les &#8220;histoires dangereuses&#8221; <\/strong>qui sous-tendent la violence (&#8220;qui aime bien ch\u00e2tie bien&#8221;) ne d\u00e9douane pas l&#8217;homme violent de la responsabilit\u00e9 de ses actes ?<strong> <\/strong>En explorant avec lui les techniques de d\u00e9douanement<strong> <\/strong>(minimiser, s&#8217;excuser, d\u00e9nier, bl\u00e2mer la victime&#8230;), les pratiques de pouvoir (intimidation, disqualification&#8230;) et l&#8217;id\u00e9ologie qui permet \u00e0 ces pratiques de pouvoir de se d\u00e9velopper et les justifient (&#8220;les femmes sont le sexe faible&#8221;). Et en restant vigilant parce que la r\u00e9sistance peut ici se mettre au service des techniques de d\u00e9douanement pour rendre la violence acceptable, ou du moins in\u00e9vitable car inh\u00e9rente \u00e0 une &#8220;nature profonde&#8221; de la masculinit\u00e9.<\/p>\n<p>A part \u00e7a, il fait toujours aussi beau ici (voir ci-dessous). La prochaine fois, on n&#8217;a qu&#8217;\u00e0 le faire en \u00e9t\u00e9, en juillet par exemple, pour avoir un peu de chaleur&#8230;<\/p>\n<p><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-medium wp-image-545\" title=\"p1000519\" src=\"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-content\/p1000519-300x167.jpg\" alt=\"p1000519\" width=\"253\" height=\"141\" srcset=\"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-content\/uploads\/p1000519-300x167.jpg 300w, https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-content\/uploads\/p1000519.jpg 319w\" sizes=\"(max-width: 253px) 100vw, 253px\" \/><\/p>\n<p><strong><em>I don&#8217;t translate this post tonight because it is already late, my apologies for this.<\/em><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Travailler sur la violence des hommes envers les femmes et les enfants, c&#8217;est se placer au coeur de la violence exerc\u00e9e depuis le fond des \u00e2ges au sein de toutes les communaut\u00e9s humaines. C&#8217;est poser la question de la fa\u00e7on dont les &#8220;histoires dangereuses&#8221;, production culturelle, sociale et identitaire, se d\u00e9brouillent pour recruter de nouveaux &hellip; <a href=\"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/resistances\/la-violence-des-hommes.html\" class=\"more-link\">Continuer la lecture<span class=\"screen-reader-text\"> de <span class=\"screen-reader-text\">La violence des hommes<\/span><\/span>&nbsp;<span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":3,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":[],"categories":[8],"tags":[],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/538"}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/users\/3"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=538"}],"version-history":[{"count":16,"href":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/538\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":6401,"href":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/538\/revisions\/6401"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=538"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=538"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=538"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}