{"id":4085,"date":"2015-01-19T22:00:13","date_gmt":"2015-01-19T21:00:13","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/?p=4085"},"modified":"2015-01-19T22:00:16","modified_gmt":"2015-01-19T21:00:16","slug":"un-message-de-stephen-madigan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/resistances\/un-message-de-stephen-madigan.html","title":{"rendered":"UN MESSAGE DE STEPHEN MADIGAN"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/resistances\/un-message-de-stephen-madigan.html\/attachment\/livreur-de-journaux-madigan\" rel=\"attachment wp-att-4086\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\"alignnone size-full wp-image-4086\" alt=\"Livreur de journaux madigan\" src=\"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-content\/uploads\/Livreur-de-journaux-madigan.jpg\" width=\"452\" height=\"291\" srcset=\"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-content\/uploads\/Livreur-de-journaux-madigan.jpg 452w, https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-content\/uploads\/Livreur-de-journaux-madigan-300x193.jpg 300w\" sizes=\"(max-width: 452px) 100vw, 452px\" \/><\/a><\/p>\n<p><em><strong>Par Stephen Madigan, trad. Fabrice Aimetti<\/strong><\/em><\/p>\n<p>La cr\u00e9ation artistique dans la th\u00e9rapie narrative nous transporte souvent dans un voyage vers l&#8217;inconnu. L&#8217;exploration d&#8217;histoires, de constructions et de possibilit\u00e9s non encore exprim\u00e9es. Dans un certains sens, nous avons des conversations \u00e0 deux &#8220;en dehors de la carte&#8221;. Pour ceux d&#8217;entre vous qui pratiquent la th\u00e9rapie quotidiennement, vous connaissez d\u00e9j\u00e0 l&#8217;excitation qui accompagne une conversation en dehors de la carte, ce type de discussions qui augmente les chances de faire de riches d\u00e9couvertes.<!--more-->Vous aurez \u00e9galement compris que cette conversation th\u00e9rapeutique en dehors de la carte peut s&#8217;accompagner d&#8217;anxi\u00e9t\u00e9, de d\u00e9sespoir, de prudence, sans doute d&#8217;audace, et toujours avec la pens\u00e9e et le risque de l&#8217;\u00e9chec. Le sentiment d&#8217;\u00e9chec qui peut se traduire par le fait de se sentir d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment perdu, ou potentiellement perdu, ou inutilement perdu, ou ne pas trouver ce pourquoi nous pensions \u00eatre venu (m\u00eame si dans ce dernier cas, cela s&#8217;accompagne heureusement parfois par la d\u00e9couverte de quelque chose que nous n&#8217;avions pas pr\u00e9vu et que ne pouvions m\u00eame pas imaginer avant de l&#8217;avoir trouv\u00e9).<!--more--><\/p>\n<p>Je me souviens d&#8217;une \u00e9poque o\u00f9 la supervision th\u00e9rapeutique semblait \u00eatre un processus simple et clair qui demandait en gros au th\u00e9rapeute de raconter \u00e0 son superviseur \/ coll\u00e8gue ce qui \u00e9tait arriv\u00e9 sur son lieu de th\u00e9rapie. C&#8217;est ce qu&#8217;on appelait (et que l&#8217;on appelle peut-\u00eatre toujours) un &#8220;cas d&#8217;\u00e9tude&#8221; en supervision. Cela a \u00e9t\u00e9 \u00e9labor\u00e9 pour nous aider \u00e0 nous sentir moins perdus.<\/p>\n<p>Je ne suis pas s\u00fbr de la qualit\u00e9 de votre m\u00e9moire, mais je sais que je ne pouvais jamais me souvenir de ce qui\u00a0<em>avait r\u00e9ellement \u00e9t\u00e9 dit<\/em>\u00a0lors d&#8217;une conversation th\u00e9rapeutique au cours d&#8217;une s\u00e9ance de 60 \u00e0 90 minutes. Au mieux, on pourra se rappeler des th\u00e8mes abord\u00e9s, de fragments, d&#8217;extraits, qui ne sont pas si utiles lorsque vous (et peut-\u00eatre vos clients) vous sentez perdu. Tant d&#8217;\u00e9carts par rapport \u00e0 la conversation d&#8217;origine. Tant de sp\u00e9culations. Tant de biais ignor\u00e9s. Quand je repense aujourd&#8217;hui \u00e0 ce type de supervision, cela me semble si absurde, d\u00e9cal\u00e9 et dr\u00f4le en m\u00eame temps. A quoi pensions-nous ? Ah ! Ah !<\/p>\n<p><strong>R\u00e9-inventer la pratique \/ supervision en th\u00e9rapie narrative au cours de ces derni\u00e8res ann\u00e9es s&#8217;est r\u00e9v\u00e9l\u00e9 passionnant, mais cela n&#8217;a pas \u00e9t\u00e9 une t\u00e2che facile.<\/strong> La fa\u00e7on dont nous avons recr\u00e9\u00e9 la supervision a consist\u00e9 \u00e0 examiner tr\u00e8s pr\u00e9cis\u00e9ment notre r\u00e9el travail th\u00e9rapeutique. Et je veux vraiment dire un examen tr\u00e8s pr\u00e9cis. Pas seulement enregistrer nos s\u00e9ances (comme nous l&#8217;avons toujours fait) mais aussi retranscrire le texte de la s\u00e9ance. Cette documentation vivante nous a donn\u00e9 l&#8217;occasion de voir, revoir et revivre la s\u00e9ance de th\u00e9rapie, ligne par ligne. Notre travail est alors soumis \u00e0 un merveilleux examen r\u00e9flexif qui nous aide \u00e0 simplifier les questions, r\u00e9-\u00e9valuer les questions, inventer de nouvelles questions, accorder plus d&#8217;attention \u00e0 ce que la personne exp\u00e9rimente lorsqu&#8217;elle vient en th\u00e9rapie, cela nous aide \u00e9galement \u00e0 r\u00e9-\u00e9couter, r\u00e9-imaginer et \u00e0 nous sentir un peu moins perdu d&#8217;un point de vue th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<p>C&#8217;est David Epston qui nous a, au d\u00e9part, guid\u00e9 sur cette m\u00e9thode consistant \u00e0 lire dans le d\u00e9tail les prises de note, ligne par ligne. Il pense que l&#8217;\u00e9tude des prises de note (les n\u00f4tres et celles d&#8217;autres th\u00e9rapeutes) est la meilleure m\u00e9thode pour apprendre et se d\u00e9velopper en th\u00e9rapie narrative. L&#8217;histoire de ce processus dans mon propre apprentissage de la pratique narrative consiste en des centaines d&#8217;heures pass\u00e9es \u00e0 lire dans le d\u00e9tail les prises de note des s\u00e9ances que Michael White et David me &#8220;faxaient&#8221; pour en \u00e9tudier la grammaire, la politique, la temporalit\u00e9 et la th\u00e9orie sous-jacentes dans les questions qu&#8217;ils posaient.<br \/>\nSi vous vous demandez si ce processus d&#8217;apprentissage th\u00e9rapeutique qui consiste \u00e0 \u00e9tudier de fa\u00e7on transparente les prises de note de nos s\u00e9ances ne serait pas \u00e0 certains moments une le\u00e7on d&#8217;humilit\u00e9, c&#8217;est bien s\u00fbr le cas !!! Cependant, il n&#8217;y a jamais eu un moment o\u00f9 nous nous sommes engag\u00e9s dans cette relation intime d&#8217;apprentissage et o\u00f9 nous aurions (ne serait qu&#8217;une seule fois !) ressenti un sentiment d&#8217;\u00e9chec. Au contraire, nous ressentions la force des musiciens, des peintres ou des auteurs qui d\u00e9couvraient de nouvelles chansons, coups de pinceau, ou structures de phrases&#8230; qui d\u00e9veloppaient leur art, leur savoir-faire, leur confiance et leur r\u00e9pertoire.<\/p>\n<p>David a insist\u00e9 pour que nous r\u00e9inventions ce que nous faisons dans notre travail et notre apprentissage de la th\u00e9rapie narrative. Cette r\u00e9-invention a \u00e9galement contribu\u00e9 \u00e0 renouer r\u00e9trospectivement avec l&#8217;histoire du travail et de l&#8217;id\u00e9ologie de la th\u00e9rapie narrative, et \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 ce vers quoi nous emm\u00e8ne cette pratique th\u00e9rapeutique.<\/p>\n<p>Ce mouvement \u00e9loigne \u00e9galement la th\u00e9rapie narrative des &#8220;Cartes&#8221; et s&#8217;appuie sur quelques &#8220;techniques&#8221; de base, un sujet sur lequel David parlera lors de la keynote d&#8217;ouverture des prochaines\u00a0<a href=\"http:\/\/therapeuticconversations.com\/\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow\">Therapeutic Conversations 12<\/a>\u00a0(TC12). Son discours va probablement emmener les participants au-del\u00e0 des fronti\u00e8res des normes th\u00e9rapeutiques reconnues pour poser la question sur ce que nous faisons \/ accomplissons r\u00e9ellement dans notre pratique de la th\u00e9rapie narrative ? Quel est le but philosophique et \u00e9thique de notre th\u00e9rapie ? Comment pouvons-nous continuer \u00e0 d\u00e9velopper de nouvelles et int\u00e9ressantes choses dans le travail que nous faisons ? Comment notre travail peut-il devenir plus amusant et permettre l&#8217;improvisation ? Comment apprenons-nous \u00e0 concevoir une pratique th\u00e9rapeutique plus productive et g\u00e9n\u00e9reuse ? Qui sommes-nous en train de devenir en tant que th\u00e9rapeutes narratifs ? Et pourquoi est-ce important ?<\/p>\n<p><strong>Ces questions sont au c\u0153ur de notre conf\u00e9rence\u00a0<em>New Ideas in Narrative Therapy<\/em>\u00a0\u00e0 TC12 en Avril 2015.<\/strong><br \/>\n<strong>La brochure TC12 est d\u00e9sormais disponible :\u00a0<a href=\"http:\/\/therapeuticconversations.com\/tc12-conference\/tc12-brochure\/\" target=\"_blank\" rel=\"nofollow\">VOIR LA BROCHURE<\/a>.\u00a0<\/strong><br \/>\n<strong>La pratique, la th\u00e9orie, la recherche et la politique de la Th\u00e9rapie Narrative sont rapidement en train d&#8217;\u00e9voluer et de changer. L&#8217;ann\u00e9e qui vient pourrait \u00eatre amusante pour nous !<\/strong><\/p>\n<p>Je vous souhaite une bonne ann\u00e9e.<br \/>\nStephen<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Stephen Madigan, trad. Fabrice Aimetti La cr\u00e9ation artistique dans la th\u00e9rapie narrative nous transporte souvent dans un voyage vers l&#8217;inconnu. 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