{"id":2996,"date":"2012-06-10T08:00:31","date_gmt":"2012-06-10T07:00:31","guid":{"rendered":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/?p=2996"},"modified":"2012-06-11T13:54:03","modified_gmt":"2012-06-11T12:54:03","slug":"le-rwanda-retour","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/carnets-de-route\/le-rwanda-retour.html","title":{"rendered":"LE RWANDA, RETOUR"},"content":{"rendered":"<figure id=\"attachment_3019\" aria-describedby=\"caption-attachment-3019\" style=\"width: 400px\" class=\"wp-caption alignnone\"><a href=\"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-content\/uploads\/0368.jpg\"><img decoding=\"async\" loading=\"lazy\" class=\" wp-image-3019  \" title=\"0368\" src=\"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/wp-content\/uploads\/0368-300x201.jpg\" alt=\"\" width=\"400\" height=\"270\" \/><\/a><figcaption id=\"caption-attachment-3019\" class=\"wp-caption-text\">Photo Julie Epp<\/figcaption><\/figure>\n<p><strong>L&#8217;univers me reparle du Rwanda.<\/strong><\/p>\n<p>Pierre Claver, le chanteur \u00e0 la voix de bronze de <a href=\"https:\/\/www.lafabriquenarrative.eu\/archives\/ibuka-rwanda\/la-chanson-des-survivants.html\" target=\"_blank\">&#8220;la chanson des survivants&#8221;<\/a>, remet en ligne sur Facebook une photo de lui, Aya Okumura et moi prise le jour de l&#8217;enregistrement de la chanson. Patrick Pastor, l&#8217;ing\u00e9nieur du son, est \u00e0 Paris et il prend contact avec moi pour que l&#8217;on se revoie. Et puis le m\u00eame jour, mon ami et coll\u00e8gue Luc Pouyanne m&#8217;invite \u00e0 Toulouse \u00e0 une repr\u00e9sentation d&#8217;une pi\u00e8ce de Jean-Pierre Azagar et Bruy\u00e8re Robb sur ce m\u00eame sujet du g\u00e9nocide Rwandais. <!--more-->Interpr\u00e9t\u00e9e par un jeune com\u00e9dien \u00e9poustouflant, Franck Delpech, de la Compagnie de l&#8217;Improviste, cette pi\u00e8ce propose une mise en abyme narrative, un peu comparable au parti-pris d&#8217;\u00e9criture cin\u00e9matographique de Ma\u00efwenn le Besco (&#8220;Pardonnez moi&#8221;, &#8220;le bal des actrices&#8221;, &#8220;Polisse&#8221;) o\u00f9 la cr\u00e9ation du r\u00e9cit et les questions qu&#8217;elle pose font partie int\u00e9grante du r\u00e9cit. Ainsi, la pi\u00e8ce, intitul\u00e9e \u00e0 juste titre &#8220;R\u00e9p\u00e9titions&#8221;, nous emm\u00e8ne sur trois lignes narratives parall\u00e8les qui s&#8217;entrecroisent et s&#8217;entrechoquent en permanence : l&#8217;horreur v\u00e9cue par les victimes du g\u00e9nocide de 1994 (sans masquer l&#8217;attitude tr\u00e8s complaisante pour ne pas dire activement complice de notre pays), les dilemmes pos\u00e9s \u00e0 un com\u00e9dien et un metteur en sc\u00e8ne blancs et bobos par la cr\u00e9ation d&#8217;un spectacle sur un tel sujet et la fa\u00e7on de parler de l&#8217;indicible, et enfin la relation difficile entre un fils et un p\u00e8re, qui se joue elle aussi en de\u00e7\u00e0 des mots. Le moment o\u00f9, en pleine r\u00e9p\u00e9tition sur le drame de l&#8217;\u00e9glise de Niamata (10.000 personnes dont beaucoup de b\u00e9b\u00e9s et d&#8217;enfants massacr\u00e9es avec une sauvagerie inou\u00efe alors qu&#8217;elles cherchaient refuge dans cette \u00e9glise), le p\u00e8re apprend au fils \u00e0 danser le tango est d&#8217;une grande beaut\u00e9.<\/p>\n<div>&#8220;On peut rire de tout, mais pas avec n&#8217;importe qui&#8221;, disait le regrett\u00e9 Coluche. Didactique et pr\u00e9cise, mais jamais ennuyeuse, pudique, d\u00e9mesur\u00e9e, follement intelligente et port\u00e9e par le jeu hallucin\u00e9 et pr\u00e9cis de Franck Delpech, &#8220;R\u00e9p\u00e9titions&#8221; me ram\u00e8ne \u00e0 Kigali et dans cette \u00e9glise m\u00eame de Niamata, face aux empilements de v\u00eatements tach\u00e9s de sang, de chaussures orphelines, aux \u00e9tendues de cr\u00e2nes fracass\u00e9s, o\u00f9 l&#8217;on voit la profonde trace laiss\u00e9e par les coups de machette mortels.<\/div>\n<div>Qu&#8217;ai-je fait depuis 2 ans pour Ibuka ? Quelques chansons, quelques bonnes intentions, une rencontre avec Marcel Kabanda, le repr\u00e9sentant en France de l&#8217;association, des \u00e9changes de courriers plus rares avec le temps&#8230; Ai-je d\u00e9rap\u00e9 dans cette orni\u00e8re dont parlait Cheryl White en mars dernier \u00e0 Adelaide, de ces praticiens qui vont dans les pays d\u00e9chir\u00e9s par les guerres et par les traumas, qui sanglotent, qui vivent une exp\u00e9rience qui change leur vie, promettent qu&#8217;ils n&#8217;oublieront pas, qu&#8217;il seront t\u00e9moins et acteurs, et puis en font quelques lignes valorisantes sur leur CV ?<\/div>\n<div><\/div>\n<div>\u00c0 l&#8217;heure o\u00f9 l&#8217;Afrique allume dans ma vie ses soleils d&#8217;ivoire et d&#8217;\u00e9b\u00e8ne, il est temps de retourner \u00e0 Kigali.<\/div>\n<div><\/div>\n<div><em>Pierre Blanc-Sahnoun<\/em><\/div>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>L&#8217;univers me reparle du Rwanda. Pierre Claver, le chanteur \u00e0 la voix de bronze de &#8220;la chanson des survivants&#8221;, remet en ligne sur Facebook une photo de lui, Aya Okumura et moi prise le jour de l&#8217;enregistrement de la chanson. 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